Chers lecteurs, chères lectrices,
L'histoire de l'imprimerie est étroitement liée à celle de l'humanité. Depuis que l'Homme a développé des moyens de communiquer il a cherché à pérenniser ses œuvres et à les diffuser. Des scribes égyptiens, qui gravaient la pierre, aux moines copistes médiévaux, qui passaient leurs journées à reproduire des œuvres - religieuses pour la plupart — en les recopiant à la main, l'homme a toujours cherché à automatiser ces moyens de copie. L’imprimerie est étroitement liée au développement de l’humanité et de la culture en général, dans le sens où elle permet une diffusion à moindre coût, donc rapide du savoir.
Les journaux sources de savoirs, sont de formidables réserves de matière première pour l’enseignement du français, de l’histoire, de l’économie. Face au flux incessant de l’« info », fondé sur l’immédiateté et invitant à un présent permanent sans recul, notre société a de plus en plus besoin d’informations hiérarchisées et pertinentes, fiables et vérifiées, complètes et objectives, exigeantes sur l’éthique et la déontologie journalistique.
La meilleure arme de la presse, à l’évidence, c’est la qualité des contenus, les articles qui creusent les sujets, les enquêtes approfondies, les analyses différenciées, les bureaux de correspondants à l’étranger, ce qui suppose de recourir à de nombreux journalistes professionnels. Le métier de journaliste est plus que jamais indispensable, car, face à la masse d’informations disponibles, nous avons besoin de journalistes expérimentés, qui trient, décryptent et surtout donnent du sens.
Il est aussi très important de travailler à faire renaître le plaisir de lire sur papier, celui qui noircissait les doigts mais continue à éclairer la réflexion. Comment redonner goût au bon vieux journal, perpétuer le rite de sa lecture gourmande ?
Si bien entendu toutes les stratégies de renforcement du réseau de distribution pour le développement des ventes des journaux sont capitales, dans le respect de leur pluralisme, il est indispensable en premier lieu de leur permettre simplement… d’exister !
Parce qu’il n’y a pas de société ni d’esprit libres sans pluralisme, dans une société en panne de repères, plus l’information «fast food» se développe sous couvert de modernité, plus nous avons besoin de la rigueur d’analyse, de la distance critique, de la pertinence comme de l’impertinence de la presse d’opinion. RotOcéan démontre que le défi de la concurrence technique ne conduit pas inéluctablement à l’enterrement du support papier.
Hubert PEDURAND, Directeur d’usine et co-gérant.